Le Piège se Referme : Dans l’Ombre du Cartel

Partie 2:

Le calme revenait lentement dans le terminal, bien que l’air fût encore chargé d’une tension palpable. Les voyageurs, d’abord figés par la stupeur, reprenaient peu à peu leurs esprits, chuchotant entre eux tout en jetant des regards furtifs vers l’homme qui venait de rétablir l’ordre avec une force tranquille. Marcus, l’agent fédéral, s’agenouilla à la hauteur de son fils, Léo, dont les grands yeux ronds trahissaient un mélange d’effroi et d’admiration.

« Tout va bien, bonhomme, » murmura Marcus d’une voix adoucie, contrastant singulièrement avec la fureur froide qu’il avait affichée quelques instants plus tôt. Il épousseta doucement le petit sac à dos bleu avant de le lui tendre. « Ce méchant monsieur s’est trompé. Tu as été très courageux. »

Léo hocha la tête, agrippant le sac de ses petites mains tremblantes. Marcus se releva, son regard balayant l’espace autour d’eux. Son instinct, aiguisé par des années de service dans les divisions les plus dangereuses du FBI, lui hurlait que cet incident n’était pas une simple bavure ou une tentative d’extorsion isolée. Un flic corrompu qui glisse de la drogue dans le sac d’un enfant pour le faire chanter ? C’était trop grossier, trop visible. Et pourquoi cibler spécifiquement Léo ?

« Agent Vance ? »

Marcus se retourna. Un homme en costume sombre, l’allure stricte et le regard perçant, s’avançait vers lui, exhibant un badge de la sécurité intérieure (Homeland Security).

« Inspecteur Reed, » se présenta l’homme. « J’ai assisté à la scène. C’était… expéditif. Mais nécessaire, semble-t-il. Nous allons nous occuper de cet officier. Alvarez, c’est son nom. Il a déjà quelques casseroles, mais rien de cette envergure. »

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Marcus plissa les yeux, jaugeant l’inspecteur. « Alvarez. Un simple pion. Il faut l’interroger tout de suite. Il n’a pas agi seul, et il ne m’a pas choisi par hasard. »

Reed acquiesça lentement. « C’est fort probable. Mais pour l’instant, votre priorité est votre fils. Votre vol pour Miami part dans moins de quarante minutes. Je vous conseille de ne pas le rater. Nous vous tiendrons informé. »

Marcus n’aimait pas ça. Miami était la destination prévue pour leurs vacances, un repos bien mérité après une mission d’infiltration éreintante qui l’avait tenu éloigné de Léo pendant des mois. Mais Miami, c’était aussi la plaque tournante des opérations du Cartel de la Santa Muerte, le cartel précisément visé par son enquête.

« Inspecteur, » dit Marcus, la voix basse mais ferme. « Je veux être tenu au courant de chaque détail de l’interrogatoire d’Alvarez. S’il mentionne un nom, une organisation, je veux le savoir avant même qu’il ne finisse sa phrase. Compris ? »

Reed soutint son regard une seconde avant d’acquiescer. « Vous avez ma parole, Agent Vance. Bon vol. »

Marcus prit la main de Léo et se dirigea vers la porte d’embarquement. Pendant tout le trajet, jusqu’à leur installation dans les sièges de première classe, son esprit tournait à plein régime. Pourquoi le cartel s’en prendrait-il à Léo ici, à l’aéroport, en plein jour ? Était-ce un avertissement ? Une tentative de l’intimider pour qu’il abandonne l’enquête, bien que l’opération fût officiellement terminée depuis trois semaines avec l’arrestation de plusieurs lieutenants ?

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L’avion décolla. Léo, épuisé par l’adrénaline, finit par s’endormir contre l’épaule de son père. Marcus, lui, restait éveillé, fixant les nuages à travers le hublot. Son téléphone vibra. Un message crypté.

Expéditeur : Inconnu. Message : Le vol s’annonce turbulent. Surveillez vos arrières, Marcus. L’araignée tisse sa toile bien au-delà de la frontière.

Son sang se glaça. Comment quelqu’un avait-il pu obtenir son numéro crypté ? L’araignée… C’était le surnom d’El Araña, le chef insaisissable de la Santa Muerte, un fantôme dont on ne connaissait ni le vrai nom ni le visage, seulement la réputation sanguinaire et l’ingéniosité machiavélique.

L’incident de l’aéroport n’était pas un simple racket. C’était la première pièce d’un puzzle bien plus vaste. Alvarez n’avait pas essayé de piéger Léo, il avait essayé de retenir Marcus à terre. Pourquoi ?

Une hôtesse de l’air s’approcha, le visage tendu. « Agent Vance ? » murmura-t-elle discrètement. « Le commandant de bord souhaite vous parler dans le cockpit. Immédiatement. »

Marcus jeta un regard à son fils endormi, se détacha doucement et suivit l’hôtesse. Lorsqu’il pénétra dans le cockpit, l’atmosphère était électrique. Le commandant, blême, lui tendit un casque.

« Le contrôle aérien vient de nous informer, » dit le commandant d’une voix blanche. « Ils ont reçu une menace anonyme. Il y a un dispositif explosif à bord, programmé pour détoner si nous tentons d’atterrir ou de descendre en dessous de dix mille pieds. Et ils ont exigé de vous parler, Agent Vance. Sur la fréquence radio d’urgence. »

Marcus saisit le casque. Le piège de l’aéroport… Ce n’était qu’une diversion. Le véritable danger n’était pas à terre, mais ici, enfermé dans ce tube de métal à dix mille mètres d’altitude. L’araignée n’avait pas seulement tissé sa toile, elle l’avait enfermé dedans avec son fils et des centaines d’innocents. Et le pire restait à découvrir.

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